Le 22 juin 2026, au Restaurant du Polo de Paris, l’Institut du Droit de la Famille et du Patrimoine célébrait ses 20 ans entouré de ses membres, administrateurs et invités. Après l’Assemblée Générale Extraordinaire qui a acté l’élection de quatre nouveaux membres au Conseil d’Administration, le dîner annuel, baptisé pour la première fois Dîner Catherine Bourguès, a réuni près de quatre-vingts convives sous une chaleur estivale.
Élodie Mulon, présidente de l’IDFP depuis 2015, a pris la parole pour retracer deux décennies d’une aventure collective, rendre hommage aux fondatrices de l’Institut, et honorer la mémoire de Catherine Bourguès, disparue quelques mois plus tôt, en présence de ses deux filles, Lucie et Zoé, à qui a été remis le tout premier Prix Catherine Bourguès.
Voici son discours, publié ici dans son intégralité.
Le discours d’Élodie Mulon
C’est avec une immense fierté et beaucoup d’émotion que je prends la parole aujourd’hui, en tant que présidente, pour célébrer les 20 ans de l’IDFP.
Vingt ans déjà que Béatrice Weiss-Goût, Elisabeth Deflers, Véronique Chauveau, Catherine Paley-Vincent et Hélène Poivey-Leclerc ont eu cette idée formidable de créer un institut consacré au droit patrimonial et extra-patrimonial de la famille.
Un institut dont l’ambition était — et est toujours — de croiser les regards des praticiens de la famille, quelle que soit notre profession, sur cette matière qui fait le quotidien des familles et constitue le pilier majeur de notre société.
Elisabeth en a pris la présidence et j’ai eu l’immense honneur de lui succéder en 2015. Une transmission possible grâce à sa présence et celle de Béatrice, toutes deux toujours aussi actives à nos côtés depuis ce passage de flambeau.
Qu’elles en soient infiniment remerciées toutes les deux pour leur confiance, leur vision, et leur présence éclairante et dynamique à nos côtés.
Nous leur devons ces 20 ans d’engagement, de débats, de soutien, de partage et d’accompagnement, au service des familles et d’une société en perpétuel mouvement.
Mais nous leur devons aussi de continuer nos combats, nos réflexions, nos formations, nos recherches afin de rendre l’IDFP encore plus fort et plus incontournable dans le paysage de la famille.
Merci infiniment à vous deux.
Notre prochain grand rendez-vous ne sera pas dans 20 ans, mais bien plus tôt.
Parce que notre Institut, guidé par une volonté prospective, est aussi un institut du quotidien, fort de rencontres régulières, notamment au sein de groupes de travail que je vous invite à rejoindre si cela n’est pas encore fait.
Ce sont l’ensemble de ces petits pas faits tous ensemble qui nous ont menés jusqu’ici. Ce sont ces mêmes petits pas qui nous conduiront à faire rayonner toujours plus notre Institut.
Cette réussite collective ne serait pas ce qu’elle est sans l’engagement, la passion et le dévouement de chacun d’entre vous.
Mais aujourd’hui, je veux prendre un instant particulier pour rendre hommage à une femme qui a marqué notre association de son empreinte, de sa générosité et de sa force : Catherine Bourguès.
Catherine nous a quittés cette année, laissant derrière elle un vide immense, mais aussi un héritage précieux. Elle était une personne inspirante, et son énergie positive a porté nombre de nos projets.
Elle était partout. Elle a animé près de 20 formations — sans doute plus — et notamment le cycle MARD aux côtés de Carine Denoit-Benteux, notre Vice-Bâtonnière dont je salue la présence ce soir, et Anne-Marion de Cayeux. Elle était également très active dans un nombre incalculable de groupes de travail, menés pour certains sous sa responsabilité.
Évoquer sa mémoire est un exercice difficile, car c’est une fois de plus tenter d’accepter sa disparition — et tout ce que nous ne ferons plus ensemble, même être en désaccord. Son rire et sa force contagieuse me manquent.
Je sais que beaucoup d’entre vous partagent ce manque, et je pense même que cela lui fait plaisir là où elle est.
Catherine était une battante. Une vraie battante — pas de ceux dont on s’imagine qu’ils se battraient s’ils avaient à le faire. Non, une battante pour laquelle chaque jour gagné était une victoire sur un cœur qui ne lui facilitait pas la vie. Elle était de ces personnes qui avait gagné tant de combats qu’on la pensait immortelle.
Et elle est partie, comme ça, après un dernier verre et un dernier rire.
Nous laissant orphelins d’une amie, d’une épouse pour Antoine qu’elle avait épousé quelques mois plus tôt, et d’une maman pour ses trois enfants. Ses trois merveilleux enfants : Lucie, Zoé et Elliot.
Lucie et Zoé — c’est pour nous une immense joie et un honneur de vous avoir parmi nous ce soir. Elliot, qui est en Australie, est avec nous par la pensée. Votre mère était tellement fière de vous et vous aimait plus que tout. Mais vous le savez.
Cette soirée est en partie la vôtre, car elle est en grande partie la sienne.
Je dois vous faire une confidence. Au-delà du chagrin de perdre une amie, une des nôtres, son départ a été l’occasion d’un triste constat : celui d’un temps qui va trop vite et qui ne laisse pas une vraie place à ceux qui partent.
Le temps de passer du temps ensemble pour se recueillir sur ce départ, parler d’elle avec d’autres, continuer à la faire exister, lui laisser une place dans nos vies. Qu’elle ne soit pas simplement devenue une étoile filante qu’on aurait laissé filer trop vite.
Au-delà de nos agendas chargés, il est bien d’apprendre à parfois arrêter le temps quand ceux que l’on aime nous quittent, en s’interrogeant notamment sur les priorités de ceux qui restent.
Le souffle de la vie nécessite de prendre parfois quelques respirations, par respect et amour pour ceux qui ne l’ont plus.
Continuer à faire vivre Catherine au-delà de son départ. Cela a résonné comme une évidence.
Lui rendre hommage pour tout ce qu’elle était : son énergie, son amour pour la transmission, et ses idées qui jaillissaient à la minute.
Le Conseil d’Administration a donc décidé, à l’unanimité, de créer un prix en son honneur, pour récompenser l’innovation et la transmission en droit de la famille et du patrimoine.
Il sera remis chaque année au cours du dîner annuel.
Cette année, à qui d’autre pouvions-nous le remettre qu’à elle-même, à titre posthume — et donc à vous, ses enfants, qui portez son héritage.
Aussi je vous remets ce soir ce prix en hommage à votre maman, dont vous pouvez être vraiment fières.
Je ne peux terminer ce discours sans vous remercier toutes et tous, car vous contribuez à faire de notre association ce qu’elle est aujourd’hui. Grâce à vous, à votre implication et à votre fidélité, nous pouvons envisager l’avenir avec ambition et détermination.
Que cet anniversaire soit le socle d’un nouveau départ, porté par le souvenir de Catherine et par la conviction profonde que le droit de la famille demeure un combat noble et indispensable. Continuons à œuvrer ensemble, à innover, à écouter et à défendre les valeurs qui nous réunissent.
Merci également à tous nos invités qui nous font l’honneur d’être là et avec lesquels nous sommes heureux de partager cette soirée si spéciale.
Vous pouvez compter sur nous pour mener à vos côtés les travaux et réflexions qui nous mènent vers le monde de demain — et essaient de rendre meilleur le monde d’aujourd’hui, celui d’une justice qui doit faire une place de plus en plus réduite au judiciaire, au bénéfice d’une justice plus apaisée et plus constructive, dans l’intérêt des familles.
Merci à tous d’y contribuer et de vous engager à nos côtés.
Nous serons à tous les rendez-vous, et une étoile nous aidera à suivre le chemin.
Je vous remercie.
— Élodie Mulon, Présidente de l’IDFP
Dîner Catherine Bourguès — 22 juin 2026, Restaurant du Polo de Paris



